Introduction

Cloudflare s’intercale entre vos visiteurs et votre hébergeur, et ce simple détour change beaucoup de choses. Votre site devient plus rapide grâce au cache et au réseau mondial, mieux protégé grâce au pare-feu et à l’anti-DDoS, et toujours en HTTPS sans gérer de certificat. Vous gagnez aussi des statistiques de trafic sur 30 jours.

Le tout est gratuit, sans limite de durée ni carte bancaire, et se configure en moins d’une heure. Le plan Free n’est pas une version d’essai.

Cet article s’adresse aux propriétaires de sites vitrines, blogs, boutiques modestes ou projets personnels. Nous détaillerons ces bénéfices, ce qu’il faut préparer, la mise en place pas à pas, puis la lecture des rapports, refondus en octobre 2026.

Pourquoi passer par Cloudflare ?

Cloudflare se place entre vos visiteurs et votre hébergeur : chaque requête traverse d’abord son réseau, qui filtre, met en cache et accélère. Le plan Free, à 0 € par mois, couvre l’essentiel pour un site non critique (grille tarifaire).

BénéficeCe que fait le plan FreePour vous
PerformanceCDN mondial, cache des fichiers statiquesPages plus rapides, serveur moins sollicité
HTTPSCertificat SSL universel, renouvelé automatiquementPlus de cadenas cassé ni de certificat expiré
DNSDNS rapide, interface simpleModifications propagées en quelques secondes
SécuritéWAF avec règles managées gratuites, protection DDoS sans plafondAttaques et robots malveillants bloqués en amont
VisibilitéAnalytics de trafic, sécurité, cache et DNS sur 30 joursComprendre ce qui se passe sur le site

Ce qui reste réservé aux offres payantes (Pro à 20 $/mois en annuel) : optimisation d’images, SLA de disponibilité, support par ticket. Pour un blog ou un site vitrine, le Free suffit largement.

Bon à savoir : l’optimisation WordPress (APO) est disponible en option à 5 $/mois sur le plan gratuit.

Pré-requis

Avant de commencer, rassemblez quatre choses ; la bascule elle-même ne prend ensuite que quelques minutes.

  • Un nom de domaine à vous, enregistré chez n’importe quel registrar (OVHcloud, Gandi, IONOS, etc.). Cloudflare ne demande pas de transférer le domaine.
  • Vos identifiants chez le registrar, pour changer les serveurs de noms (nameservers). C’est l’étape qui active Cloudflare.
  • Une copie de votre zone DNS actuelle : capture d’écran ou export de tous les enregistrements (A, AAAA, CNAME, MX, TXT). Les MX et TXT (SPF, DKIM, DMARC) sont les plus critiques : une erreur coupe vos e-mails.
  • Un site déjà en HTTPS chez l’hébergeur, idéalement avec un certificat valide (Let’s Encrypt suffit). Cela permet d’activer le mode SSL « Full (strict) », le seul vraiment sûr.

Prévoyez aussi un créneau calme : la propagation des nameservers prend de quelques minutes à 24 h, rarement plus. Si le domaine utilise DNSSEC, désactivez-le chez le registrar avant la bascule, puis réactivez-le via Cloudflare.

Mise en œuvre pas à pas

Comptez 30 à 60 minutes, propagation comprise. Les intitulés de menus peuvent légèrement varier selon les mises à jour du tableau de bord.

1. Créer le compte et ajouter le domaine

  1. Inscrivez-vous sur dash.cloudflare.com : e-mail et mot de passe, aucune carte bancaire.
  2. Activez tout de suite la double authentification dans votre profil.
  3. Cliquez sur Ajouter un domaine, saisissez votre nom de domaine et choisissez le plan Free.

2. Vérifier les enregistrements DNS importés

Cloudflare scanne votre zone et propose les enregistrements trouvés. Ce scan n’est jamais exhaustif.

  1. Comparez la liste avec la copie faite en pré-requis ; ajoutez ce qui manque (souvent des sous-domaines ou des TXT).
  2. Réglez le proxy de chaque enregistrement :
    • nuage orange (proxifié) pour le site web : @ et www ;
    • nuage gris (DNS seul) pour les e-mails (MX, mail), FTP, SSH ou tout service non HTTP.

3. Changer les nameservers chez le registrar

  1. Cloudflare affiche deux serveurs de noms du type xxx.ns.cloudflare.com.
  2. Chez votre registrar, remplacez les nameservers actuels par ces deux-là, sans en garder d’autres.
  3. Revenez sur Cloudflare et cliquez sur Vérifier. Le domaine passe en statut Actif dès la propagation détectée ; un e-mail le confirme.

4. Configurer le SSL/TLS

  1. Dans SSL/TLS, choisissez le mode Full (strict) si votre hébergeur a un certificat valide. Évitez « Flexible » : la liaison Cloudflare–serveur resterait en clair, avec des boucles de redirection fréquentes sur WordPress.
  2. Activez Always Use HTTPS et Automatic HTTPS Rewrites.
  3. Fixez la version TLS minimale à 1.2.

5. Réglages recommandés pour démarrer

ZoneRéglagePourquoi
SécuritéBot Fight Mode activéBloque les robots les plus grossiers
SécuritéRègles managées gratuites actives (WAF)Protection contre les failles connues
SécuritéUne règle personnalisée sur /wp-login.php ou /admin (challenge)Freine le bourrage d’identifiants
CacheNiveau de cache « Standard », Browser Cache TTL respectant l’origineÉvite de servir du contenu périmé
VitesseBrotli et HTTP/3 activésPages plus légères et plus rapides
NotificationsAlertes DDoS et expiration de certificatÊtre prévenu sans surveiller le tableau de bord

6. Tester

  • Ouvrez le site en navigation privée : cadenas présent, pas de boucle de redirection.
  • Vérifiez l’en-tête cf-cache-status dans les outils développeur (HIT sur les images et CSS).
  • Envoyez-vous un e-mail et répondez-y pour valider les MX.
  • Si un formulaire ou un back-office pose problème, passez temporairement l’enregistrement en nuage gris pour isoler la cause.

Suivre les rapports : ce qui a changé en 2026

Depuis le 2 octobre 2026, un domaine en plan Free conserve 30 jours d’analytics, contre 24 heures à 8 jours auparavant selon le type de données (changelog Cloudflare). Les rapports du domaine sont aussi regroupés en un seul endroit.

La nouvelle page Analytics du domaine

Sélectionnez votre domaine, puis Analytics. Sept onglets partagent désormais la même période et les mêmes filtres : un filtre posé sur un pays ou un chemin suit quand vous changez d’onglet.

OngletÀ surveillerSignal d’alerte
TrafficRequêtes, visiteurs uniques, pays, codes HTTPPic soudain venant d’un seul pays ou d’un seul ASN
PerformanceTemps de réponse, protocolesDégradation progressive sur plusieurs jours
SecurityRequêtes bloquées ou challengées, règles déclenchéesUne règle qui bloque de vrais visiteurs
CacheTaux de cache (requêtes et bande passante)Taux faible sur des fichiers statiques
OriginRéponses et erreurs de votre serveurHausse des 5xx
DNSVolume et types de requêtes DNSRequêtes sur des sous-domaines inconnus
VisitorsDonnées Web Analytics (si activé)Chute d’audience inexpliquée

Les rapports au niveau du compte (tous domaines confondus) ont déménagé dans Observability > Analytics.

Pourquoi 30 jours changent tout

Avec un mois d’historique, on peut enquêter après coup, comparer un lundi aux lundis précédents et distinguer un pic ponctuel d’une tendance. Avant, sur le plan gratuit, un incident du week-end avait souvent disparu le mardi.

Limite à connaître : les jeux de données agrégés gardent leurs anciennes limites par plan. Le changement s’applique au tableau de bord, aux tableaux de bord personnalisés et à l’API GraphQL.

Les autres nouveautés utiles

  • Tableaux de bord personnalisés : ouverts à tous les clients depuis avril 2026, ils permettent de composer sa propre vue à partir de plus de 100 jeux de données (annonce). Idéal pour un écran unique « trafic + cache + erreurs ».
  • Vue d’ensemble Sécurité : elle liste des actions à mener (mauvaise configuration, vulnérabilité) classées par gravité, avec un lien direct vers l’analyse filtrée (InfoQ).
  • Security Analytics : par défaut, elle ne montre que les requêtes de vrais visiteurs, pas les sous-requêtes des Workers (documentation).

Web Analytics : la mesure d’audience sans cookie

Les analytics « réseau » comptent des requêtes, robots compris. Pour mesurer de vraies visites, activez Web Analytics : gratuit, sans cookie, donc sans bandeau de consentement pour cet outil. Sur un domaine proxifié, l’activation se fait en un clic, sans copier de script. Il fournit aussi les Core Web Vitals (LCP, INP, CLS).

Une routine de suivi en 10 minutes

  • Chaque semaine : onglet Security (règles qui bloquent trop ?), onglet Origin (erreurs 5xx ?).
  • Chaque mois : comparez le mois glissant avec le précédent dans Traffic et Cache ; visez un taux de cache stable ou en hausse.
  • En continu : laissez les notifications par e-mail faire le guet.

En résumé

Le plan gratuit de Cloudflare apporte HTTPS, cache, pare-feu et protection DDoS en moins d’une heure, et ses rapports offrent désormais un vrai mois de recul. La seule étape délicate est la bascule DNS : vérifiez vos MX et TXT, et tout se passe bien.

  • Zone DNS sauvegardée
  • Domaine ajouté en plan Free, enregistrements vérifiés
  • Nameservers changés, domaine « Actif »
  • SSL en Full (strict), HTTPS forcé
  • WAF, Bot Fight Mode et notifications activés
  • Web Analytics activé, routine de suivi en place

Sources